Tribune Le Temps d'agir décembre 2020

décembre 2020 : Le Monde d’Après à l’échelon local

Le Monde d’Après à l’échelon local

Les grandes crises permettent les grands changements. La COVID est de ce type de crise si considérable que ses répercussions sont nombreuses, fortes et multiples.

Osons voir, à travers ce fléau, pour trouver du positif après une année éprouvante, une avancée majeure, dans nos esprits, vers ce Monde d’Après qu’on a vu naître pendant le premier confinement. Ce Monde d’Après, dont on a tellement parlé, a étrangement disparu du radar le jour où le monde d’avant est presque revenu, avant le second confinement.

Nous avons appris que notre modèle de développement génère ce risque de pandémie en favorisant des maladies infectieuses transmissibles de l’animal à l’homme, causées par l’interférence de l’Homme sur la biodiversité. La vision que les écologistes portent de l’économie ne permet pas la surexploitation du vivant, la surchasse, la maltraitance animale, la coupe à blanc des écosystèmes existants qui poussent les animaux à se mélanger et à nous côtoyer davantage. Le Monde d’Après sera plus respectueux de l’environnement, plus responsable et sûr.

Nous avons vu nos villes plus calmes et, l’air plus pur, réentendu les oiseaux, découvert un ciel nouveau, éprouvé le manque de liberté et de nature. Le Monde d’Après sera plus paisible, vivant et connecté.

Nous avons aussi pris conscience de la fragilité de nos économies, de notre dépendance de l’étranger pour les médicaments. Nous avons pris conscience de la vulnérabilité de nos modes de vie face aux éléments. Nous avons vu l’intérêt du local, des circuits courts et du soutien à nos producteurs et commerçants locaux. Le Monde d’Après sera plus humble, convivial et résilient.

Cette crise a révélé notre capacité à nous unir et résister. Nous avons éprouvé le dévouement de nos soignants, la continuité du service public, l’engagement des travailleurs essentiels au bon fonctionnement de notre société. Nous nous sommes émerveillés devant l’entraide qui s’est mise en place et les liens nouveaux tissés avec nos voisins et proches. Cette crise nous a mis à l’épreuve : nous avons une pensée toute particulière pour nos familles les plus modestes et touchées par le chômage, nos jeunes, nos ainés et les plus isolés d’entre nous, nos entrepreneurs, commerçants et restaurateurs, nos associations et le monde de la culture durement mis à l’épreuve. Face à la précarité et à l’incertitude de l’avenir, le Monde d’Après sera plus solidaire, juste et humain.

Si l’on ne change pas notre rapport à la nature, les pandémies vont se multiplier, alerte l’ONU dans un nouveau rapport sur le lien entre réchauffement climatique, effondrement de la biodiversité, déforestation et émergence des pandémies.  Ici à Oullins, notre groupe applique la maxime « Penser globalement, agir localement » en exerçant notre vision du monde à l’échelle municipale. Depuis Juillet, la réalité du programme écologique de 100% Oullins apparaît au grand jour. Lors du dernier conseil municipal, trois de nos demandes d’inflexion de la politique municipale, incompatibles avec ce Monde d’Après que nous voulons voir émerger, ont été rejetées. Nous y reviendrons car une commune n’est pas isolée du monde qui l’entoure. Elle est à la base d’un projet pour la société toute entière. Nos choix individuels et locaux ont de vraies répercussions. L’échelon local est la cheville ouvrière du chemin vers un nouveau modèle de développement.

À l’approche des fêtes de fin d’année, gardons en mémoire que ce Monde d’Après est à portée de main et pour nos achats de Noël, pensons à nos commerçants et artisans locaux pour faire des cadeaux plus respectueux de la nature et de l’homme. Le pouvoir de faire advenir le Monde d’Après est à la portée de chacun.

Bonnes fêtes à toutes et à tous !

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