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Les « rues aux enfants » pour apaiser les abords des écoles

Les « rues aux enfants » pour apaiser les abords des écoles

La pollution de l’air est la deuxième cause de mortalité évitable en France, après le tabac.

Elle est responsable de pathologies et de maladies chroniques (asthme, bronchites aiguës ou chroniques, toux, rhinites), est aussi liée à l’apparition de certains cancers (des voies respiratoires par exemple) et est un facteur important d’infertilité, de risque d’AVC ou d’infarctus, de troubles du développement de l’enfant, d’affections neurologiques, du diabète de type 2… . Ces pathologies touchent tous les âges surtout en zone urbaine.

D’après Santé Publique France, l’impact sur la santé est davantage dû à l’exposition à des niveaux de qualité de l’air moyens sur le long terme qu’aux pics de pollution.

Les enfants sont plus vulnérables à la pollution de l’air que les adultes : pour l’ONG Deutsche Umwelthilfe (étude d’octobre 2018), les enfants seraient jusqu’à 37% plus exposés que les adultes à la pollution au dioxyde d’azote par exemple.  De plus, d’après l’Unicef, en France, trois enfants sur quatre respirent un air pollué. Une étude de Greenpeace de 2019 sur la qualité de l’air aux abords des crèches et des écoles en 2017 montre que 2 des 14 écoles oullinoises ont une mauvaise qualité de l’air

et que 3 écoles se situent à moins de 200 mètres d’une zone extrêmement polluée au dioxyde d’azote (NO2), où la norme de 40 µg/m3 est dépassée. Pour nos autres écoles, la qualité de l’air est au mieux moyenne, aucune ne présente une bonne qualité de l’air.

Cette étude met en lumière les causes de ces pollutions inquiétantes, à savoir : la proximité d’un axe routier majeur, ou la présence d’une rue très passante à proximité de l’établissement.

Ces données appellent à une prise de conscience générale. Il s’agit de la santé de l’enfant, sujet prioritaire. En tant que responsable politique, elles interpellent notre responsabilité et notre capacité à réagir aux problèmes à la mesure de leur actualité. Nous considérons du devoir de la Ville d’Oullins de protéger les personnes les plus vulnérables dont les enfants font partie en leur offrant un air le plus sain possible dans et aux abords des établissements les accueillant.

La démarche engagée depuis trois ans pour apaiser la circulation automobile en passant l’ensemble du territoire communal en zone 30 participe également à une sécurisation des abords des écoles. Le développement de pédibus et l’installation d’arceaux vélos aux abords des établissements scolaires permettent aussi d’inciter les parents à limiter l’usage de leur véhicule aux abords des écoles.

La piétonnisation aux heures de rentrée et sortie des classes s’inscrivant dans la continuité des réflexions déjà engagées, les élus de la Ville d’Oullins sollicitent l’accompagnement de la Métropole de Lyon (moyens humains et financiers…) pour

l’expérimentation d’une réduction/interdiction de la circulation motorisée devant les écoles Oullinoises les plus polluées et accidentogènes (hors véhicules d’urgence et véhicules transportant un public PMR) :

– piétonnisation complète lorsque cela est possible, ou au moins aux horaires d’arrivée et de sortie des élèves,
– mise en place de dispositifs d’augmentation de la sécurité du cheminement piéton vers les écoles et de réduction du trafic sur les grands axes pollués, quand la piétonnisation, même temporaire, n’est pas possible.

Qualité de l’air et abaissement du niveau sonore, sécurité, nouveaux espaces pour plus de nature en ville, convivialité, meilleure gestion des flux de parents et enfants et respect de la distanciation sociale en cette période de crise sanitaire… la piétonnisation des abords d’écoles est bénéfique sur de nombreux points !

Ces expérimentations devront être conduites en concertation avec les conseils d’écoles de chacune des écoles concernées.

Etude de Greenpeace avec les données de pollution de l’air extérieur au dioxyde d’azote  de 2017, produites par Atmo Auvergne-Rhône-Alpes.

Ces données sont à actualiser avec le nouvel indice entré en vigueur depuis le 1er janvier 2021, intégrant la pollution aux particules fines (PM2,5). L’ancien indice surveillait la pollution au dioxyde d’azote (NO2), dioxyde de soufre (SO2), ozone (O3) et particules de diamètre inférieur à 10 µm (PM10).

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